Coach vs. Psychologue Clinicien

Comment un coach est-il formé ?
Comment savoir à qui l’on s’adresse ?

Le coaching est une méthode née dans les années 80′ aux Etats-Unis. Elle s’articule autour de techniques de renforcement et d’étayage, de motivation de la personne en vue de lui permettre de remplir une tâche, un rôle, social, économique ou de surmonter un moment critique de la vie. Il s’agit d’une méthode issue du monde de l’entreprise qui vise la réadaptation du salarié à la contrainte de sa tache et à la performance.

Il ne s’agit pas d’une prise en charge de la personne mais d’un ensemble de techniques visant la reprise rapide de l’activité à travers le renforcement, les conseils et des méthodes visant le reprogrammation comportementale. Les coachs répondent à une demande sociétale, celle des contingences d’un monde en mouvement qui invite l’individu à se confronter à une place nécessitant le deuil de la place précédente. Mais le coaching est aussi une façon de viser un dépassement et d’atteindre un but personnel, de progresser face à des enjeux personnels… sans tenir nullement compte des freins et de l’histoire personnelle de la personne.

Ces moments de crises conjoncturelles sont parfois à l’origine d’états dépressifs chroniques, de techniques d’évitements ou de replis. Ils nécessitent justement une approche complémentaire au  seul renforcement ou à l’hystérisation de la personne, allant de la maîtrise des outils du diagnostic clinique à la prise en charge des troubles post-traumatiques (PTSD) ou la clinique psychanalytique. De par les structures qu’il questionne, le coaching n’est absolument pas adapté à certains patients qui bien au contraire, nécessitent une évaluation clinique et une prise en charge adaptée avant toute démarche de ce type.

Le coaching favorisant le « faire » ou l’ « agir » sur soi, il peut aggraver une situation limite et provoquer des passages à l’acte, comme plonger le patient dans une sévère dépression. L’absence de toute considération psychopathologique ou d’écoute des mécanismes inconscients, relègue la pratique du coaching à un ensemble de bons conseils et de directives organisationnelles ou comportementales, assimilant une personne à une machine ou à un ordinateur dysfonctionnel, qu’il suffirait de reprogrammer (comme dans la PNL, Programmation Neuro-Linguistique) pour parvenir au but recherché.

Les coachs sont parfois diplômés d’écoles ou de groupes privés. Ils sont parfois psychologues du travail donc détenteurs d’une licence en psychologie du travail  (ne pouvant faire usage du titre de Psychologue, qui nécessite un Master 2). De par la position directive et hiérarchique qui s’impose dans les méthodes de coaching, la place de la séduction est centrale. C’est parfois le refuge de personnes, hommes ou femmes, sans formation universitaire mais particulièrement séduisantes, à l’abord calme et apaisant, souvent charismatique, proposant leurs bons conseils ou un ensemble d’exercices et d’activités…
Bien que souvent bienveillants et intéressés par les « relations humaines », le champ de formation et d’intervention des coachs est extrêmement réduit. Néanmoins, le coach peut dans certains cas, participer d’une aide ponctuelle tout à fait efficace. Il peut aussi aggraver une situation clinique qui nécessite des compétences plus vastes et pour lesquelles il n’aura reçu aucune sorte de formation, en particulier, concernant l’étiologie de la souffrance psychique, tout référentiels symptomatologiques restant inconnus d’eux.

Enfin, les coachs peuvent nuire à la thérapeutique en imposant une approche simpliste et comportementale des troubles, tout en éloignant le patient des psychologues cliniciens. C’est néanmoins parfois la première étape pour se diriger ensuite vers le professionnel de santé.

Le psychologue clinicien procède lui aussi, lorsque c’est nécessaire, à un travail d’étayage et de motivation, voire de guidance, mais son champ d’intervention est plus vaste tant en terme de clinique que sur le plan thérapeutique. De fait chaque patient est un sujet unique avec sa propre histoire et sa structure, il ne peut être question d’appliquer la même méthode pour tous.