Les mots derrière le masque

Conditions de reprise des consultations en présentiel

Il est difficile de penser, de se projeter vers l’après cette pandémie. Mais comme toute guerre, les moments de confinement auront convoqué chez chacun les ressources nécessaires pour tenir psychiquement face à ces contraintes.

Comme toute situation traumatique, l’événement fait obstacle, le monde d’après est fait d’incertitudes et de questionnements, de choix parfois difficiles, professionnels, personnels, relationnels… Le choix est toujours un renoncement mêlé d’abandon, il peut être un moment d’angoisse mais aussi l’occasion d’une aventure intérieure, d’une véritable sensation de liberté et d’un changement de position.

Pour que ce mouvement s’instaure ou se poursuive chez ceux qui étaient déjà en thérapie chez le psychologue, il est important de ne pas interrompre le travail et au contraire, de s’appuyer sur ces événements pour enfin “déconfiner” la parole.

Être social, l’humain se construit dans le rapport à l’autre. Après plusieurs longues semaines de confrontation au quotidien, soit dans la complète solitude physique et corporelle, soit dans la promiscuité de conjoints, d’enfants, mais aussi de parents (pour les jeunes enfants), la dimension du réel semble s’imposer comme un obstacle, et le rêve, le fantasme peinent à se nourrir de vie sociale, de contacts, de diversité et parfois de relations interpersonnelles.

Même si le corps et le geste accompagnent l’intention et le rapport social, le langage se joue du masque. A partir de maintenant, nous devrons porter plus d’attention à la parole, au regard. Le psychologue offre enfin un espace de parole intime, apaisé, confidentiel et relationnel, confisqué durant ces deux mois d’immobilité. Cette période fut et sera paradoxale car isolée mais sous le bombardement assourdissant d’une sur-activité médiatique mêlée d’injonctions contradictoires et de culpabilité.

De façon plus générale, la thérapie chez le psychologue vient déconfiner le patient, l’aider à sortir de l’enfermement intérieur de l’angoisse, de ses répétitions, lui insuffler un mouvement vers de nouvelles perspectives. Pour les enfants, les adolescents comme pour les adultes, le moment du COVID doit donc s’accompagner d’un étayage, d’un suivi thérapique libérateur afin que ces événements et leurs éprouvés se mettent en mots, ne se manifestent pas à travers le symptôme et ne fassent pas obstacle à la suite de la vie.

L’enfant est certainement le plus vulnérable mais il fait face. Il est soudainement convoqué à une place responsable, au cœur d’enjeux économiques et sociaux dont il ignore la systémie. L’insouciance et la plainte lui sont confisqués et il se voit violemment confronté à un monde adulte ordonnant de taire son angoisse. L’enfant est le réceptacle silencieux des peurs adultes et certains parents ne l’ épargnent pas en lui faisant partager leur réalité, abandonnant leur position ‘barrière’. Ce faisant, les enfants refoulent l’insouciance au plus profond d’eux. Le psychologue doit être à l’écoute de cette enfance confisquée et favoriser une parole loin de toute “consigne” sanitaire ou comportementale.

Le psychologue Clinicien est un professionnel de santé inscrit au registre Adeli de l’ARS

La prise en charge des enfants :

  • les jouets sont désinfectés après chaque séance et dans la mesure du possible, il est recommandé de demander aux enfants de venir avec leur propre masque.

D’autre part, pour ceux qui le désirent, la prise en charge par Skype se poursuit.