Ces dernières années ont vu naître bon nombre de courants issus du coaching comme la "pleine conscience" ainsi que d'autres approches mettant en avant le bonheur et la réussite, "Psychopédagogie du bonheur" et pour n'en citer que quelques autres : "thérapie symbolique", hypnose de pleine conscience, psychodivination, thérapie par la pensée positive... Le commerce de la santé est un véritable enjeu industriel pour lequel le marketing est largement sollicité. Sous couvert de bienveillance, ces nouvelles approches simplistes font des dégâts... Or des textes législatifs très précis encadrent les titres de psychothérapeute et de psychologue clinicien.

La psychologie clinique, d'ailleurs les psychologues en général, de Mélanie Klein, Wallon, Winnicott, Ferenczi, à Freud ou Lacan, se sont tous intéressés à ce qui faisait souffrir les patients plus qu'à leur part de bonheur, c'est dire s'ils étaient dans l'erreur ! 

La législation française quant à l'usage du titre et de la qualité de psychologue est pourtant claire : sans titre de Psychologue Clinicien, accompagné d'un numéro de santé de l'Agence Régionale de Santé (ARS), la personne qui se présente à vous n'a reçu aucun enseignement donnant droit à l'usage du titre de psychologue. Elle peut tout à fait jouer sur l’ambiguïté du préfixe"Psy"  ou tenter de se donner n'importe quel titre, aussi farfelu qu'ésotérique, conférencier, psychopédagogue (à la limite de l'usurpation de titre et donc attaquable), "pratiquant la psychologie...", coach psy... Cette personne n'aura PAS été formée à la psychologie clinique. Il est assez classique qu'une personne ne pouvant revendiquer une véritable compétence, s'invente ses propres titres et ses propres concepts afin de masquer un vide intellectuel ou ici, théorico-clinique. C'est aussi ce qui se pratique dans le milieu de la publicité avec l'usage des anglicismes ou des néologismes. Mais cette technique est aussi utilisée par certains médecins eux-mêmes pour des raisons similaires lorsqu'il entrent sur le terrain de la psychologie sous couvert de compétences médicales, alors qu'ils n'ont aucune formation en ce domaine. Il ne viendrait pas plus à l'idée de se faire opérer de l’appendicite par un psychologue...

 

Cela ne signifie pas qu'il s'agit là nécessairement d'une escroquerie. Cela signifie que cette personne aura compris qu'il existe une véritable demande en matière de prise en charge thérapeutique, qu'on peut jouer sur certaines ambiguïtés, mais qu'elle n'aura pas pris la peine de se confronter à l'enseignement ni aux stages et à l'expérience indispensable à cette prise en charge. En revanche, les qualités marketing de ce type de personnes ou de petites entreprises sont indéniables. Elle sont souvent de très bons communicants, et de forts séduisants acteurs médiatiques. Il faut d'autant plus s'en méfier qu'ils détournent les patients du parcours de santé et le travail de reconstruction, d’alliance thérapeutique nécessaire, sont alors plus complexes, plus ardus.

Il n'est pas simple de consulter un thérapeute, mais si la pratique de nombreuses activités artistiques ou sportives, d'engagements associatifs ou culturels peut participer d'une amélioration du bien être, il convient de se méfier des personnes jouant sur la crédulité et l"ambiguïté des titres dans des buts purement commerciaux.

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