Le monde de la thérapie est concurrentiel. De nombreuses thérapies miracles envahissent les réseaux et souvent les ondes radiophoniques portées par une grande compétence oratoire, un sens de la publicité et un ARGUMENT VENDEUR, qui n'en doutons pas, répond comme un écho à une véritable carence de la part de nombreux acteurs du soin : la "bienveillance", pour ne pas dire, le maternage... à ne pas confondre avec "la neutralité bienveillante", qui est son contraire.

Sur la toile, les évocations ésotériques et volontairement nébuleuses de prestataires débordant d’intentions positives, sont innombrables. Ces praticiens auto-proclamés de la technique miracle s’inscrivent dans une grande et respectable histoire de l’écoute et de la guidance, répondant aux questions fondamentales de l’existence, celle des magiciens et diseuses de « bonne aventure » qui auront toujours éclairé le genre humain de réponses et de déterminismes. Ils se déclinent aujourd'hui en mentalistes ou malheureusement aussi, en gourous...

On entends parler de thérapies (vendues comme) brèves, ici, des thérapies quantiques, hypnose qui spécifient Ericksonienne ou transcendantales, ou hypnose bienveillante, psycho-énergétiques, psycho-zen, positives, là entourées de « douceur » et de "bonnes intentions revendiquées" (…)  qui masquent plus généralement une grande incompétence mais une véritable capacité à s'adapter à un marché du soin perdu sous les appellations et les titres.

Ces courants de la psychologie "positive", "calme", "non douloureuse"... viennent en miroir de la progressive prise en compte de la souffrance médicale, mais détournent les patients des praticiens diplômés dont le métier est justement cette prise en charge, dans le respect de la personne et de l'éthique.

L'hypnose, Freud l'avait en son temps, déjà depuis plus d'un siècle, remisé pour sa faiblesse en terme thérapeutique. La formation à l'hypnose par un organisme privé absolument indépendamment de toute validation par un diplôme universitaire (Ericksonienne), fait flores et de nombreux Psychologues, voire même psychanalystes (au mépris de leur profession), trouvent plus lucratifs de proposer ce genre de thérapie magique, qui correspond bien à notre époque du "tout / tout de suite / sans que ça coûte", surtout que l'hypnose est parfois utilisée par des médecins, alors là, y'a aucun doute sur la valeur de cette approche.... Ce sont toujours les psychologues qui sont incapables de se constituer une patientèle fidèle et de qualité qui optent pour ces pratiquent, à l'opposé du métier pour lequel il sont formés. Mais il est exact qu'un cabinet coûte cher, et qu'il faut parfois remplir en répondant à la demande d'un public toujours plus demandeur de solutions et de miracles. Quand je croise cet type de confère qui ose cumuler psychanalyse / psychologie et hypnose, je leur suggère souvent de faire aussi point-relais et boucherie charcuterie, on sait jamais...

Or, c'est à la souffrance psychique que se consacrent les psychologues cliniciens. Au delà d'un effet de mode et de la grande supercherie autour d'une thérapie "sans effort", "sans coût" ou sans "changement" (car tel est l'enjeu), c'est contre toute attente, la croyance en la technologie médicale qui est ici convoquée; Celle qui par simple ingestion d'une molécule, ferait disparaître la souffrance. C'est souvent le cas dans le cadre d'affections somatiques avec un certains sucés et parfois de lourds effets secondaires, ce n'est qu'assez rarement le cas dans le cadre de souffrances psychiques sauf à l'articuler à une véritable prise en charge psychologique ou psychanalytique.

C'est dans ce but que sont formés les psychologues cliniciens. Cette formation se compose d'un cursus de 5 à 8 années d'études universitaires dont des centaines d'heures de stages obligatoires en institutions psychiatriques (plus de 600), qui ouvrent non seulement sur une compétence qui vient s'articuler à la connaissance médicale somatique (les premières années de formation sont consacrées à la neurologie, à la génétique...), mais aussi à l'écoute de la souffrance et à son traitement. Or, la guérison est AUSSI un douloureux et solitaire processus, qu'il s'agisse d'un cancer ou d'un trouble psychologique. L'analyste compétent vise cette autonomie du patient et cet horizon de guérison du sujet, il est formé à cela. Le véritable professionnel de santé est JUSTEMENT à même d'équilibrer sa méthode entre la capacité du patient à "bouger",  à endurer ces changements de places et de comportements, et la mission déontologique de soin et d'engagement de psy qui lui incombe de permettre au patient de se libérer de sa souffrance. Ces puissants mouvements sont souvent coûteux en terme d’énergie mobilisée. Seuls les magiciens font disparaître les objets d'un tour de baguette magique, mais il s'agit d'un spectacle et non d'une thérapie, même si l'art peut révéler des fonctions thérapeutiques, il n'y a pas de doute sur ce point.

La croyance en la "douce magie" thérapeutique est issue de la confusion des genres, entre maternage et thérapie.

Fort heureusement, la voie de la chimie médicamenteuse si elle ne fait qu’apaiser les symptômes, peut parfois aider à entrer dans un véritable processus de traitement à travers les techniques psychologiques ou psychanalytiques. Pourtant, quel professionnel de santé sérieux pourrait vous affirmer qu’une thérapie sera brève ou sans douleur à la simple évocation d’un symptôme ?

Les connaissances médicales et scientifiques évoluent ainsi que leurs validations. Certaines techniques ésotériques pourront peut-être bénéficier de consolidation scientifiques et universitaires. Dans cette attente, la dimension récréative de nouvelles thérapies auto-proclamées ne doit pas laisser penser qu’il s’agit là d’autres activités que des distractions qui peuvent parfois soutenir et apaiser des véritables souffrances, mais se targuer de bienfaits thérapeutiques relève simplement de la manipulation et de l’escroquerie. Si les cursus de médecine ou de psychologie clinique ne garantissent en rien la qualité des hommes, ils garantissent au moins le bagage d'une connaissance théorico-clinique indispensable.

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